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Nom du blog :
marchesurunfil
Description du blog :
littérature
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
01.11.2007
Dernière mise à jour :
20.01.2008
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innondation à la conception

Posté le 10.11.2007 par marchesurunfil
C'était au début. Au début de la maladie. La première étape. Je suis rentrée à l'hopital de la Conception pour me faire opérer de plusieurs tumeurs cancéreuses au sein gauche. Dans ma chambre, il y avait une femme qui n'arrêtait pas de pleurer. Elle utilisait une quantité incroyable de klenex, et des intervenants se relayaient à son chevet pour la consoler. Infirmières, internes, psycologue, spécialiste...Moi je ne pleurais pas. Bêtement stoîque. A moins qu'au fond, je n'ai pas vraiment compris ce qui m'arrivais. Peut être bien que je n'y croyais pas. Ou alors, je ne jugeais pas utile de pleurer. A quoi cela m'aurait-il avancée ?
Puis elle téléphona à son ex, pour lui dire que désormais, il allait devoir prendre les enfants avec lui, car elle, elle ne pourrait pas s'en occuper. Moi je restais toujours là, dans mon coin, sans rien dire, complètement tétanisée à vrai dire, mais silencieuse.
Le soir, moi et la femme, on a regarder un film sur Jean Moulin, puis on est allée chacune notre tour prendre notre douche à la bétadine, avant de prendre notre prémédication, un atarax, avant de dormir.
Au milieu de la nuit, je fut reveillée par un bruit de cataracte. Je n'arrivais pas bien à sortir de mon someil à cause de la prémédication, mais tout de même, je finis par m'éveiller. De l'eau coulait à flot dans le couloir, puis j'entendis les voix des aides soignantes de garde, de ces aides soignantes qu'on trouve à l'hopital de la Conception, particulièrement stupides et de mauvaise fois, en tous les cas tout à fait incapables de prendre la moindre responsabilité, qui commençaient tout de même à s'affoler un peu, vu l'ampleur des dégats. Je les entendais téléphoner au technicien de garde de l'hopital, mais personne ne venait. La dessus j'entendis une voix d'homme qui disait: « mais on va avoir un court circuit. » Le temps passait, l'eau coulait, coulait par le plafond comme j'ai pu le constater en sortant de la chambre, et rien ni personne ne l'arrêtait.
Cette fois ci s'en était trop. J'avais un cancer, d'accord, mais ce n'était pas une raison pour mourir électocutée, noyée et brulée vive dans cet hopital abandonné à la sottise et à l'inconpétence. Je me levais, revellais ma voisine pour la prévenir de la situation, préparais mon sac et m'habillais en vitesse pour foutre le camp. Au moment ou je sortais de la chambre quelqu'un cria. « Il faut évacuer les malades, il faut évacuer les malades dans l'aile nord »
Alors moi j'y suis allée tout de suite dans l'aile nord, me mettre à l'abri, et j'ai attendu une heure à somnoler sur une chaise avant de voir arriver les premiers malades égarés qu'on replaçait dans des chambres.
Pendant ce temps là dans l'aile sud, l'eau coulait toujours sur les néons allumés.
On me donna un nouveau lit, et je me rendormis.

J'espérais que le lendemain matin, mon opération se déroulerait dans de meilleurs conditions techniques.



--

les prospectus

Posté le 08.11.2007 par marchesurunfil
C'était d'après lui un bon plan pour se faire du fric. Michel disposait d'une voiture que son copain Dominique lui avait pretée. C'était une 4L qui était un peu dure au démarrage, et en général, il fallait la pousser. Mais elle était si légère que ce n'était pas un véritable problème. D'ailleurs, ça m'amusais beaucoup, de pousser la 4L.
Donc, moi, je poussais la 4L, et Michel conduisait. Les prospectus étaient dans la malle, et en route pour Rive de Giers. Ca m'amusait, parce que je n'avais pas l'intention de faire ça plus d'une fois dans ma vie. Rive de Giers c'est pareil. Ce genre d'endroit peut vous paraître rigolo à condition de ne pas avoir à y foutre les pieds deux jours de suite. Et les boites à lettre de Rive de Gier, et les barres d'immeubles de Rive de Gier, la barre J11, la barre J12, la barre J13.
Michel était tête en l'air. Désorganisé. On riait comme des petits fous, de n'importe quoi. Je poussais la voiture, rouge et essoufflée. C'était épuisant. Avant la fin de la journée, la 4L refusa complètement d'avancer, et il fallut se mettre en quête d'un garage. De plus, nous n'avions pas un sous vaillant pour payer la réparation.
Nous avons du laisser au garage la carte d'identité de Michel, la voiture en elle même n'ayant pas suffisemment de valeur pour représenter un gage sérieux. Puis nous sommes rentrés en stop. Quant à la réparation de la voiture elle même, qui heureusement n'avait rien de grave, elle coûta ce que nous avions gagné dans la journée.

Cela aurait du me servir de leçon. Pourquoi, quelques années après, ai-je épousé Michel ?

la chèvre ( suite et fin )

Posté le 06.11.2007 par marchesurunfil
Malheureusement, mon amie était une émule de Pierrette et le pot au lait, elle avait de la suite dans les idées concernant ses idées d'élevage. Un jour, elle ramena sa chevrette dans la tanière de l'immonde reproducteur. Cette fois çi, le mâle encorné accomplis son office, et la petite fût bel et bien engrossée.
Hélas, la gestation fut on ne peut plus malheureuse, et la chevrette mourut. Le vétérinaire apprit à mon amie qu'on ne peut traiter les animaux de trait comme des animaux familiers. En effet ces derniers, en notre compagnie, prennent certaines de nos caractéristiques psychologiques. Par la suite, ils n'acceptent plus qu'on les traite de façon « inhumaine ».
La charmante petite fut pleurée, et j'écris ce billet à sa mémoire. C'était une petite chèvre très sympathique.

la chèvre

Posté le 05.11.2007 par marchesurunfil
J'avais une amie qui avait une chèvre. Cette chèvre était très jolie, fauve, de petite taille. De plus elle était très intelligente et très affectueuse. Elle nous suivait en promenade et faisait de gracieuses cabrioles. Nous l'aimions beaucoup.
Mon amie, qui désirait élever cette chèvre aussi pour avoir des chevraux et du lait, décida de mener sa chèvre au bouc.
Nous mîmes la chèvre dans la voiture et roulâmes quelques quarantes minutes, jusqu'à nous trouver dans une vallée deserte. Le ciel était très sombre ce jour là, et l'orage menaçait.
Nous arrivâmes dans une ferme isolées, durement gardée par quelques molosses. Les fermiers nous indiquèrent un chemin qui descendait encore plus bas, et par lequel s'écoulait en partie un liquide nauséabond qui venait du tas de fumier.
Tout en bas du chemin, dans une masure, habitait la vieille, son chien, et son bouc. C'était difficilement croyable, mais c'était pourtant ainsi. La vieille, aveugle, courbée en deux à angle droit et appuyée sur une canne, avait une voix forte et dure. Dans la pièce où elle se tenait avec le chien, il y avait son lit défait, une table, une armoire et un point d'eau. Dans l'appentis à côté, il y avait le bouc. Je n'ai jamais vu un animal pareil. Il était très grand et puait tous les diables de l'enfer. Quand à sa face, elle était affreuse et lubrique comme il n'est pas permis. Il roulait des yeux surexcités, et remuait sa langue à toute vitesse, horizontalement sur ses babines. Dès que la vieille lui ouvrit la porte de l'appentis, il se précipita sur la petite chèvre si jolie.
Mais la petite ne voulu pas se laisser faire. Elle avait collé son arrière train sur le sol, et arqueboutée sur ses pattes, ne voulait rien entendre. Le monstre se recula, baissa la tête, et darda sur elle ses cornes redoutables. Moi et mon amie, horrifiées par la tournure que prennait les événements, nous nous mîmes à hurler. Alors le monstre releva la tête, tourna vers nous son visage bestial de satire, nous regarda, passa à toute vitesse sa langue sur ses lèvre et fonça sur nous.
Ce fut une cavalcade désordonnée vers la voiture dans laquelle nous nous précipitâmes, la petite chèvre atteignant le véhicule en même temps que nous, tout le monde se mit à l'abri, et nous fûmes prises alors d'un incohercible fou rire, tandis que dehors, le faune aux enormes testicules nous fixait de ses prunelles dorées de faune fétide.

Se lever

Posté le 04.11.2007 par marchesurunfil
Le matin quand je m'éveille, je me rappelle que j'ai une maladie mortelle. C'est toujours un grand déplaisir. Pendant la nuit, j'oublie cela. Dans mon someil, j'ai plutôt tendance à penser que je suis une jeune fille qui rit, qui chante, qui danse, et qui n'en fait qu'à sa tête. D'ailleurs, dans la journée aussi j'ai sans arrêt tendance à oublier. Si je lis un bon livre, si je marche au soleil, et même quand je suis concentrée sur mon travail. Mais le problème, c'est mon corps, c'est ma fatigue. Je marche dans la rue et je m'essouffle quand la rue monte. Mon dos, ma hanche me font mal. Au début, cette maladie n'était qu'une abstraction, maintenant, elle est bel et bien là, présente, en permanence.
Donc le matin, quand je m'eveille, je me rappelle que j'ai une maladie mortelle. Pourtant, je n'ai pas envie de me rendormir, j'ai tout de même envie de me lever, et de la vivre, cette journée. Par exemple, aujourd'hui, c'est dimanche. La lumière explose aux fenêtres comme un appel. Mon grand fils aimé dort encore, en sa chambre d'enfant. Il faut ranger la pièce avant qu'il ne se lève, pour lui donner envie de travailler ses cours. Je dois m'acquitter de mes devoirs humbles et sacrés de petite maman. Et puis trouver quelquechose de bien à faire, puisque c'est dimanche. Voir des amis, lire, voir des films.
Il faut se lever, bien sûr.
J'ai toujours cru que Dieu s'occupait particulièrement de moi. Qu'il me voyait, à travers toutes ces masses de gens, qu'il m'avait choisie, et me reservait un destin spécial. En échange, je devais lui obéir au doigt et à l'oeuil.
En fait, tous ces changements d'idées, de professions, que ma famille prenait pour de l'instabilité, ce n'était pas de l'instabilité. Au contraire, c'était une obéissance aveugle aux commandements divins, parfois obscurs et confus, je l'admets.
Mais quand je pensais que Dieu me reservait un destin spécial, je ne pensais pas à celà, à cette maladie. Où sont la couronne et la gloire?
Une voix en moi me dit alors :"Tiens, les voilà, ta couronne et ta gloire, ta couronne, c'est ton pied gauche, et ta gloire, c'est ton pied droit. Alors, tant que tu peux, tu te lèves, et tu marches !"

l'amour

Posté le 02.11.2007 par marchesurunfil
Disons que je suis une vieille peau. En plus je suis gravement, mais alors gravement malade. Alors je réfléchis, j'ai le temps. Je reflechis par exemple à l'amour.
Et bien, je me suis gravement plantée. Par rapport à la façon dont j'envisageais les choses quand j'avais mettons seize ans. L'importance que ça avait pour moi. J'y pensais sans arrêt, à l'amour. J'en attendais des révélations, des bonheurs, des jouissances à n'en plus finir . J'ai fais ce que j'ai voulu. J'ai eu des révélations, des bonheurs, des jouissances, oui, j'ai eu tout ce que j'attendais. Sauf que je suis passée à côté. D'abord parce que je n'ai jamais aimé personne, ensuite parce que j'ai tout saccagé. Et puis de toutes les façons voilà comment ça se passait : je m'en foutais un peu des mecs, je pensais pas à eux, et puis paf, tout d'un coup, je tombais amoureuse, mettons, d'Alfred. Ah ! Alfred ! Alfred ! Mon activité cérébrale semblait se résumer soudain à cela : Alfred ! Alfred ! Oh, oui, Alfred !
A partir de là, de deux choses l'une, soit Alfred marchait dans la combine, soit il ne marchait pas. Si il ne marchait pas, il me fallait six mois pour m'en remettre, si il marchait, il s'en suivait des corps à corps furieux et réjouissants, jusqu'au jour ou l'un des deux se lassait. Un an plus tard, je ne pensais plus à Alfred que comme à un crétin quelconque.
Au bout de quelques années, le processus c'était si bien rodé, qu'il finissait par y avoir plusieurs Alfred à la fois et que je me mélangeais un peu les pinceaux. Attention, il y a eu beaucoup de larmes aussi, les Alfreds n"était pas toujours tendres loin de là, mais on s'aperçoit que les plus brûlants chagrins passent très bien, avec un peu de temps.
Puis j'ai commencé à en avoir mare. De m'envoyer en l'air avec Pierre Paul et Jacques. Qu'est ce que j'ai décidé? de me mettre avec un seul, et basta, et que maintenant j'allais penser à autre chose. Je voulais lire, apprendre. D'après moi, l'amour n'avait plus rien à m'apporter. J'en avais fais le tour, et ça finissait par devenir ennuyeux.
J'ai eu deux enfants avec un homme, je suis restée dix huit ans avec lui. Fidèle, alors que lui ne l'était pas. Et puis petit à petit, j'ai commencé à ne plus le supporter. Nous sommes donc séparés.
Et là, ça a été terrible. Non pas le chagrin que j'aurais eu de cet homme là en particulier, je ne l'aimais plus. Mais un profond chagrin, la perte de l'idée que j'avais de la vie et de l'amour. Comme si tout était détruit, comme si j'étais toujours passée à côté de tout, et qu'il ne restait dans mon coeur, que des cendres.
Mais c'était faux. Parce qu'en fait j'ai beaucoup aimé, même si j'ai aimé un peu n'importe comment, et j'ai beaucoup été aimée, je le sais. Mais comment, dire, par petits bouts, ce qui n'est pas si grave. Des fois, pas du tout comme on pense. Des fois en échangeant un sourire, des fois en faisant plaisir à un ou une amie, ou en rendant service, ou en écoutant quelqu'un pleurer que personne ne l'aime, patiemment, sans le juger. Des fois en ne disant rien, des fois en riant, des fois, en courant dans la rue, des fois, en nageant, même des fois, en faisant l'amour.
Maintenant, je n'ai plus du tout envie de vivre avec un homme. Ce qui me saoule, ce sont les arrangement économico sexuels, et puis je suis beaucoup trop égoiste. J'aime trop la solitude.
Mais je ne suis pas triste au sujet de l'amour.
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