Créer un blog Présentation

Nom du blog :
marchesurunfil
Description du blog :
littérature
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
01.11.2007
Dernière mise à jour :
20.01.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<

Navigation

Accueil
Livre d'or marchesurunfil
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· l'oiseau
· l'amour
· la pauvre cendrillon
· Un début de haine
· la bouteille d'ether
· coup de foudre
· ils sont venus
· la trahison
· le café du foot
· publicite sur center blog

Statistiques



Recherche personnalisée

Derniers commentaires

La pauvre Cendrillon
04.02.2008
La chevauchée Fantastique
04.02.2008
Et oui..
25.01.2008
eve
22.01.2008
explosion
22.01.2008
;-)
20.01.2008
Des aventures fondatrices
20.01.2008
Il y a prescription
20.01.2008
C'était une jeune femme pline de vie
12.01.2008
le retour des enfants
12.01.2008
La pub sur center blog
12.01.2008
le grand puzzle
02.01.2008
Hellooo' =D
29.12.2007
Cueillez dès aujourd'hu les roses de la vie...
23.12.2007
Rire !!!
15.12.2007
Une odeur de sainteté vite dissipée....
10.12.2007
Merveilleux souvenir
10.12.2007
épatant !
08.12.2007
La bouteille d'ether.
04.12.2007
;)
03.12.2007
RSS

Autres blogs à visiter :

· vent2folie
· lemeltingpotdeclytia
· letontonflingueur
· cessenon
· etrangemessager
· pitchoune21
· messageinabottle
· islamatous
· mamancelib
· segur



langouste à la mayonnaise

Posté le 01.01.2008 par marchesurunfil
Y'a des oiseaux qui chantent, dehors, et on est le 31 decembre. Alors soit ils n'ont rien compris, soit c'est le réchauffement de la planette, car d'habitude, les oiseaux qui se mettent à chanter dans les cours, c'est vers la fin du mois de février. Je me réveille de ma sieste, la chatte est en chaleur, elle miaule. Pour ce soir, je me suis acheté une portion de langouste à la mayonnaise, chez le traitteur. Qu'est ce que je vais faire pour le 31 decembre, et bien rien de spécial. Je mangerai ma portion de langouste à la mayonnaise en regardant mon DVD de la panthère rose, comme ça, je suis sure de me marrer.



--

bonnes résolutions

Posté le 01.01.2008 par marchesurunfil
En fait ce 31 decembre passé toute seule, à 18 heures trente, ça commence à me miner. Je commence à me poser des sales questions sur ma vie Je pense sérieusement à toutes les conneries que j'ai faites. À tous les mensonges que je me suis raconté. A toutes mes lachetés, a toutes mes incapacités.
Je me dresse un bilan archi dur de ma personne.
Bon, et puis quoi ?
Demain est un jour nouveau. Le passé est le passé. On s'accuse de trucs, mais comment pouvait on savoir avant, comment ça allait se passer après. C'est bien facile, après de se dire, j'aurai pas du faire ci, j'aurai pas du faire ça.
Alors je vais aller faire un tour, et me changer les idées. Ca sert à rien d'essayer d'écrire, quand on a le bourdon. Non. Pour écrire, il faut avoir l'esprit disponible, et certainement pas ressasser ses vieilles obsessions.

jalousie

Posté le 01.01.2008 par marchesurunfil
Agnes et Pierre sont invités ce dimanche à la campage chez leurs amis Caroline et David, avec les enfants. Agnes a apporté un gateau qu'elle a fait hier soir et Pierre une bouteille de vin. Caroline et David sont de vieux amis. Enfn, c'est surtout David qui est ami depuis longtemps avec Pierre. David a bien reussit dans sa profession, il est chef déco sur des films dans la région. Du coup il a loué pour sa famille une belle maison dans le lubéron. Agnes et Pierre, eux, ont du se rabattre sur un appartement à Marseille, mais plus prudents, ils ont achetés. N'importe, ils font tout de même figure de parents pauvres. Ca crée une espèce de petite gène, pas grand chose, mais quand même. Agnes a toujours l'impression vague que Caroline est légèrement condescendante avec elle.
Tout de même, c'est bien agréable de se faire inviter à la campagne, et que les enfants puissent jouer dans le jardin pendant que les adultes devisent gaiment après le repas en buvant le café. Après, ils vont faire un tour dans les vignes. Une maison à la campagne, Agnes en rêve, bien que ça lui paraisse difficile pour son travail. Caroline fait un nombre de kilomètres incroyables pour aller travailler, du genre 150 kilomètre par jour. Elle rentre très tard. Et puis Agnes s'inquiéterai quand même, de vivre en location, c'est elle qui a préféré acheter, plutot que de louer et de vivre sur un grand pied. Caroline et David ne sont pas les seuls amis qui se louent des super trucs dans le lubéron, Eva et Michel, par exemple, ont même une piscine. Evidemment, ça fait envie. Quoiqu'une piscine, avec des gosses, y'a de quoi devenir dingue. En fait, Agnes est sure d'avoir fait le bon choix. Quoi, ils sont intermittents du spectacle, c'est à dire que la moitié de leur revenus leurs viennent des assedics, il faut faire attention un minimum, ça va pas durer toujours ce genre de plan, non, elle est bien contente d'avoir acheté. Un jour, Pierre comprendra qu'elle a eu raison, et les autres, ceux qui ont fait les cigales, et bien ils risquent de se retrouver gros gens comme devant . Le problème c'est que Pierre n'y comprend pas grand chose, et ce qu'il voit, c'est que pas mal de gens s'en sortent mieux qu'eux. Alors il lui en veut un peu. Ou alors c'est elle qui se l'imagine. Comme elle imagine sans doute que Caroline est vaguement condescendante avec elle. Oh et puis elle s'en fou. Profite, cherche pas la petite bête. En attendant elle va passer ses dimanche chez ses amis cigales, en savourant avec son café l'idée qu'un jour c'est elle qui pourra s'acheter une maison à la campagne, et qu'elle les invitera le dimanche ses pauvres amis déchus et locataires d'un deux pièces en ville. Elle prendra garde à ne pas être condescendante. Le plus important, c'est quand même l'amitié.

les faschos

Posté le 27.12.2007 par marchesurunfil
Mon amie était constamment suivie par une voiture noire. En plus comme elle était allée au super marché, on avait trouvé dans son cady une pochette de disque qu'elle n'avait jamais mis dedans et qui contenait plusieurs disques qui n'avaient rien à y faire. Elle fut conduite au poste de police et interrogée. Mais pas du tout à propos des disques. A propos des gens qu'elle fréquentait. On la soupsonnait de faire du trafic de drogue. Ou autre chose. Quelquechose d'illicite. Mon amie ne faisait rien d'illicite. C'était juste un électron libre. L'autre fois nous étions allée nous faire bronzer, toutes nues, dans un endroit ou il n'y avait jamais personne. La dessus, il y a une cinquantaines de chasseurs qui ont déboulés, avec des chiens de chasse, qui faisaient une battue. On s'est pris un fou rire, on n'en pouvait plus. Les chiens, les chasseurs passaient juste à côté de nous sur nos serviettes, ils tiraient de ces têtes, on aurait dit une bande de l'ayatolas, et nous on en pleuraient de rire de voir leurs têtes, pour un peu on se seraient fait pipi dessus. Voilà, c'était pas très intelligent, mais à part ça, ma copine elle n'aurait même pas eu l'idée de tirer sur un joint, c'était pas son truc du tout la drogue. Alors les flics, ils la suivaient, ils fouinaient, ils se demandaient. Et puis il y a eu les fachos. A Montluçon les Montmirails, il y avait une bande de mecs qui étaient au RPR, et le RPR, à cette époque là, à cet endroit là, c'était un peu comme les lepenistes aujourd'hui. Des mecs pas clairs qui étaient soupsonnés de casser la gueule aux vagabonds, des types dangereux. Et bien ils avaient dit qu'ils feraient une descente chez elle. Elle habitait une maison isolée, dans la campagne.
Ce soir là, j'étais allée dormir chez elle; mais elle, elle n'était pas là. C'est ce soir là qu'ils sont venus, les mecs du RPR. Ils étaient une dizaine, en moto. Je leur ai ouvert, de toute les façon la porte ne fermait pas bien, c'était pas la peine d'essayer de se barricader. J'ai été très aimable, comme contente de les voir, mais sans en faire trop. Je leur ai dis que mon amie n'était pas là, comme ils entraient de toutes les manières, et sans me demander mon avis, je leur ai proposé à boire, de la tisane, il y avait bien une unique bouteille d'alcool, dans un coin, mais je ne mentionnais pas son existence. Les mecs s'assirent et burent la tisane. Je tennais aimablement la conversation. Tout se passa bien. Une fois qu'ils eurent bu leur tisane, ils levèrent le camps vers des aventures un peu plus palpitantes.
Le bruit de leurs engins s'éloigna sur la route. Je grelottais de froid. Je m'enroulais dans tout ce que je pouvais comme pullovers et couvertures, et je me mis au lit. Il me fallut un temps fou pour me réchaufer.
Ca me fait toujours ça. Quand il m'arrive quelquechose, que j'ai peur ou n'importe quoi. Après, j'ai froid, j'ai très froid. Le froid me glace jusqu'aux os.

un facheux déménagement

Posté le 27.12.2007 par marchesurunfil
Et puis mon père fut muté, et ça, se fût un sale coup dur pour moi. Pensez donc, j'étais bien moi, à Montluçon les Montmirails, j'avais un univers entier à mes pieds, le lycée, la piscine, le café du foot, ma grande copine géniale et mes autres copines, des copains, et le samedi soir j'allais dans des bals craignos ou il y avait de la baston, mais on connaissait, on savait quand il fallait mettre les bouts. Et puis, depuis le temps que j'arpentais les rues du bourg avec mon velo trop petit, et mes nattes, on m'avait appelé fifi brin d'acier, même les flics ils me connaissaient de vue, j'en ai passé du temps depuis mes onze ans, à arpenter la ville en tout sens le faubourg Chartrain, l'église de la trinité, le quartier des Rottes, la forêt, je savais tout ce qui se passait, comme ce samedi, ou les mecs du bar de la Renaissance avaient attaqué le commissariat de police, une vraie attaque dans les règles, un vrai western, c'etait amusant quand même, quand on savait qui avait fait le coup. Ah ! C'était quelquechose Montluçon le Montmirails, Plouc ville en chef, une vrai ambiance de Western. Et ben j'allais devoir partir pour aller dans une ville horrible, Annecy, non franchement c'était pas drôle, y'avait de quoi se flinguer. Ah il a pas été drole, le Noël de mes dix sept ans aux chalet Vert pré, ce sinistre chalet que mon père avait loué avant qu'on puisse avoir la maison, il faisait froid dans cette ville évidemment qu'elle idée d'aller habiter dans les Alpes, il neige , le chalet Vert pré était inondé, et comme je dormais quasiment au sous sol, il fallait que je rentre dans ma chambre avec des bottes, ça me fichait un cafard..
Et le lycée, quelle horreur les élèves du lycée, il y en avait qui venaient en costard, non mais faut le voir pour le croire, costard cravatte, des bourges quoi, pas drôles pour un sous, pour qui ils se prennaient ces Anneciens avec leur lac et leurs cygnes, je t'en foutrais moi, des cygnes, y'a rien de plus prétencieux et plus bête qu'un cygne. Il y avait des booms le samedi après midi, chez le curé, sinon, c'est tout. Rien quoi, pas âme qui vive dans cette ville, tous des coincés, des vendus, des blancs becs avec rien dans le bide. C'était la mort ce bled. Ah si, ils pensaient qu'à faire du ski. Tous les week end, ils allaient faire du ski. C'étaient tous des mordus, des champions de ski. Ils s'éclataient avec ça. Moi ça me faisait chier. J'ai jamais jamais aimé l'ambiance des stations de sport d'hivers, les gens avec leurs tenues de ski me font horreur, et en plus, il fait froid. Il neige. Je n'aime pas la neige, surtout quand elle fond et devient toute noire, dans les ignobles stations de sport d'hivers, peuplés d'individus en combinaison de ski. Je trouve ça effrayant et laid.
En fait, Annecy est une très jolie ville, et contrairement à ce que je prétends avec une mauvaise foi évidente, elle n'est pas uniquement peuplée de zombis. Dans ma classe il y avait Anissa Tenessy, qui était ceinture noire de karaté, belle comme un soleil, qui avait huit soeurs et un frère, un père Malgache qui faisait les marchés et une mère Italienne qui travaillait dans un café. Elle venait souvent dormir chez moi. Une fois je suis allée chez elle. Elle habitait une maison dans la montagne que ses parents venait d'acheter.Il n'y avait ni chauffage, ni eau chaude. Il y avait une chambre pour les neufs filles qui dormaient à deux par lit (d'une personne ), le frère je me souviens plus ou il était casé, et les parents dans une autre pièce, mais pas très bien isolée au niveau sonore. Son père ronflait, mais ronflait comme j'ai jamais entendu personne ronfler. C'était hallucinant.
Anissa et sa soeur la plus proche étaient des as de la fauche. Elle rentraient dans un magasin de fringues et en ressortaient chargées de pantalons, de pullovers, de chaussettes, de collants. C'etait dingue. Et puis pas génées du tout. Elles se servaient copieusement, puis ressortaient par la porte sans se biller. Moi ça me rendait malade de trouille. Ca me faisait rire, mais ça me rendait malade. Il faut reconnaître qu'elles avaient une sacrée famille à habiller. C'étaient de vrai bandit ces filles, mais si belles et si drôles, quelle famille elles avaient, c'étaient pas des tristes ces gens là. Comme quoi, à Annecy y'a de tout, et puis c'est joli comme ville, faut pas éxagerer. Il faut s'habituer.

double personnalité

Posté le 27.12.2007 par marchesurunfil
C'est ce jour, là, pour la première fois, qu'elle eût cette étrange impression. L'impression qu'à coté de l'Antoine qu'elle connaissait par coeur depuis des années, son Antoine, un peu distrait, un peu maladroit, un peu brouillon, toujours en train de pleurnicher sur son sort, anxieux de l'avenir, qui aimait bien se faire consoler, materner, son Antoine quoi, qui faisait partie de sa vie comme un gros ours en peluche, il y avait soudain quelqu'un d'autre. Quelqu'un d'autre qui lui apparut soudain dans l'évidence. Un tout autre type. Peut être à cause des vêtements qu'il portait ce jour là. Un jean bien serré et un débardeur blanc, style marcel, qui moulait ses biscotaux. A cause de certains regards, a cause de sa démarche. Un type dur, un homme a femme, avec une gouaille au coin de la bouche, sûr de lui, manipulateur, ça lui apparut l'espace d'un éclair alors qu'elle ne pensait pas à ça. On aurait dit un de ces types dans les films, un mauvais garçon. Et soudain elle pensa, mais qu'est ce que je fais avec ce type. Puis ce personnage disparu en un clin d'oeuil comme il était apparu, comme si un rayon de soleil, frappant de manière inacoutumée, avait fait apparaître ce reflet caché de sa personnalité puis l'avait fait diparaitre. Elle n'y pensa plus. Enfin, disons plutot que sur le moment, elle n'en tint pas compte. Mais l'image s'était bel et bien fixée sur sa rétine, et elle s'étonna même de ne pas l'avoir vue plus tôt. Elle regarda désormais son Antoine un peu différemment. Des petits faits qui lui semblait sans importances, elle les gardaient maintenant en mémoire, non qu'elle fût du genre à surveiller tous les faits et gestes de quelqu'un, au debut d'ailleurs elle ne constatait pas grand chose, mais petit à petit, elle conçu des doutes. Elle s'aperçut qu'il la prennait vraiment pour une gourde, qu'il menait une double vie et qu'après, il rentait se faire dorloter à la maison; Tranquilement, elle se prépara à faire ses valises. Elle n'en parla à personne ni à sa mère, ni à ses amies. Comme si instinctivement, elle savait que personne ne la croirait. Un garçon si charmant, ce n'était pas possible. Parfois même, elle doutait elle même. Enfin, intellectuellement, elle doutait, car physiquement, elle ne pouvait plus le supporter. La seule question qu'elle se posait, en fin de compte, c'était si le deuxième Antoine avait toujours été là, et qu'elle ne s'en était pas rendue compte, ou alors est ce qu'il était apparu au bout d'un certain temps. Il n'y avait pas de reponse à cette question, autre que celle qu'elle même voudrait bien se donner.

mohamed

Posté le 24.12.2007 par marchesurunfil
Mes parents s'inquiétaient de me voir par trop solitaire, toujours le nez plongé dans des bouquins qui n'étaient pas de mon âge, ils pensaient qu'à treize ans on doit avoir des copines, or ils ne me voyaient ramener personne à la maison. Aussi décidèrent ils de m'envoyer en camps de vacances. Ils m'inscrivirent à la fédérations des oeuvres laiques à un camps de voile pour le mois de juillet, en Bretagne.
Or, ils n'avaient aucune idée de comment les choses se passasient dans ce camps. C'est bien simple, c'était un vrai bordel. Je sais, le mot n'est pas très élégant, mais comment décrire les choses autrements ? La moyenne d'age était entre 15 et vingt ans, il s'agissait presque exclusivement de gars et de filles qui venaient de la Dass. Et dès le premier soir, dans la tente appelée tente des filles, il y avait autant de garçons que de filles qui dormaient. Si on peut appeler ça dormir .Quant aux éducateurs et aux directeur du camps, ils avaient l'air de se fiche éperdument d'une telle situation. Ca ne les inquiétaient pas du tout. On ne les voyaient pratiquement pas.
Bon. Moi, je trouvais la situation interessante à observer. D'emblée, je me mis un peu à l'écart, agréable avec tout le monde, mais un peu distante. J'avais installé mon lit de camps dans un coin de la tente, mais c'était difficile de dormir et j'ai toujours detester manquer de someil.
A part ça tout se passait bien, mais il fallait bien que je fasse quand même des connaissances. Je me rapprochait timidement du groupe des garçons les plus agés, les plus expérimentés. Au fond, c'étaient ceux qui semblaient les plus équilibrés, les plus lucides. Certains avaient des surnons ridicules, et des tatouages sur les bras. Il y avait le Coyotte, Chocolat, Titite, et Mohamed. J'étais attirée par Mohamed. Je le trouvais très viril. Ca m'impressionnait. Je le suivais partout, et je lui posais tout un tas de questions sur tout. Il était très patient avec moi, il répondait à tout ce que je lui demandais. A force de poser de questions, au fond, je ne sais pas comment je m'y suis prise, mais j'ai finis par exprimer ce qui me tracassais. J'ai finis par lui raconter que j'étais amoureuse d'un garçon qui s'appelait Henri Lepic, et ça, c'était sacré, je ne pouvais pas être amoureuse de quelqu'un d'autre. Mais mon problème c'etait qu' Henri Lepic était fort jeune, en plus il n'était pas du tout amoureux de moi. Or, il y aurait des choses que j'aurais bien aimé savoir, et je me demandais, si lui, Mohamed, ne serait pas disposé à me montrer ces choses, mais en toute amitié naturellement, comme ça. Par exemple, j'aurai bien aimé savoir comment on faisait pour embrasser un garçon. J' étais une fille timide et reservée, mais j'étais à mon aise avec ce Mohamed. J' osais lui demander des trucs pareil sans me troubler du tout, avec lui tout semblait si naturel, il m'écoutait gentillement, il avait juste l'air de rigoler un peu. Je savais qu'il sortait avec une fille du camping et qu'il couchait avec elle, mais ça ne me dérangeais nullement, au contraire, ça me paraissait une chose excellente.
Mohamed, très serviable, m'assis sur ses genoux et entrepris de me donner la leçon demandée. Il avait une drôle de manière de faire. Donner un baiser, il appelait ça rouler une pelle, et effectivement, il tournait la langue un peu mécaniquement autour de l'autre langue, c'était pas terrible, mais bon il faisait ça très sérieusement, avec beaucoup d'application. Il embrassait très mal en fait, comme un petit garçon qui s'appliquerait à écrire des O avec maladresse. Mais j'étais bien avec lui. Il ne me faisait pas peur, je me sentais en sécurité, et je savais qu'il faisait tout ce qu'il pouvait pour m'apprendre ce qu'il savait, sans m'en demander d'avantage. J'étais une petite fille, avec des nattes et des lunettes, j'étais bien dans ce camps, je m'amusais bien, je faisais ce que je voulais , j'avais un grand copain, qui s'appelait Mohamed, et qui avait l'air d'un homme. Et si un gars de 15 ou 16 ans c'était avisé de m'embetter, il se serait attiré de graves ennuis.
Je pris l'habitude, la nuit, d'aller dormir dans la tente des grands, j'y était bien tranquile. Mohamed me demanda si je voulais coucher avec lui, mais je lui dis que non, que j'étais trop jeune, que je voulais coucher plus tard avec un garçon dont je serais amoureuse. Il n'insista pas. J'avais mon petit lit de camps à moi, dans la tente des grands, et je dormais là, car c'était là que j'étais le plus tranquile.
Eux, la nuit, ils allaient au camping pour draguer des filles. Ils rentraient fort tard dans la nuit, ou pas du tout. Moi, je dormais comme un ange.

ambiances

Posté le 24.12.2007 par marchesurunfil


Il fait gris, le ciel est vide et harassant, mon cœur est serré comme un petit cailloux noirµ.

Hier soir, il y a un papillon est entré dans la maison, il était posé sur le linge, tout engourdi, le chat a voulu l’attraper. Je l’ai mis dehors, c’était un paon du jour, il n’y a plus de papillon en cette saison. Un papillon, c’est con un papillon, la vie c’est comme un papillon.

Qu’est ce que tu as préparé pour le dinner ? Des crèpes au fromage avec de la béchamelle. Mon fils il fait brûler de l’encens dans sa chambre, ça sent très bon. T’es sure que ce n’est pas du cannabis ? Non, c’est de l’encens. Ca le fait tousser, son père lui avait acheté des plantes carnivores qui attrapaient les mouches, ça sentait la charogne ces trucs. Le gosse il attrapait les mouches pour les donner à sa plante, ça me dégouttait, personnellement.

Moi j’ai quitté mon mari pour pouvoir regarder la télé tranquilement.

Un pale petit soleil d’hivers, la poste était pleine de monde.

C’est l’histoire de quelqu’un qui se rend compte qu’il n’a plus d’amis depuis longtemps.

C’est l’histoire de quelqu’un qui aime la vie.

C’est l’histoire d’un couple surendetté qui vivait au dessus de ses moyens.

Ils avaient tous cinquante ans ou plus .Certains avaient réussi à s’acheter une maison à la campagne

Elle, son habitude, c’est de poser des lapins aux gens, elle dit, ma chérie, ce serait formidable si on allait se boire un café toute les deux , la semaine prochaine, mardi à deux heures au cours julien. Et le mardi elle ne vient pas. Elle ne s’excuse même pas, son portable est éteint.

Elle fait de la visualisation mentale, et des régimes hyper protéinés.

C’est l’histoire d’une femme qui grossit. Elle a aussi des bouffées de chaleurs et ne supporte plus son compagnon.

Eux, eux tous.

C’était une femme à la grande bouche rouge qui riait fort et jouissait bruyamment.

Elle était prise d’un désir fou dès qu’elle pensait à lui. Ca la brûlait dans le ventre, et dans toutes les veines, c’était délicieux, elle ne pouvait s’empêcher d’y penser et d’y penser encore.

C’était un homme qui trompait sa femme.

C’était un petit matin blafard ou un jour de grand soleil, un jour de marché, un jour d’école.

Ce n'était pas une histoire, ni un jeu. il n’y avait pas d’histoire, encore moins de quoi construire un roman.

J'ai de la fièvre, je dois retourner à l'hopital.


J’ai un lit médicalisé, j’adore les lits médicalisés, on peut changer de position, l’ennui c’est que les boutons sont difficiles à atteindre.

Les couloirs sont absolument vides, absolument silencieux.
C’est très calme ici.

Ma température n’est pas redescendue. Je lui ai demandé un tilleul sans sucre et elle me donne un tilleul avec du sucre, sinon elle a l’air gentille

Faire sa toilette, faire un tour dans le couloir, aller s’acheter un journal au kiosque, manger, ouvrir les fenêtre, s’asseoir sur le fauteuil, le relais h ouvre à midi, s’offrir un café.

Le silence s’écoule autour de moi.

Quand les portes des chambres sont entrouvertes, on peut apercevoir quelques moribonds prostrés, terrassés par la morphine.

Ils n’ont pas l’air de tellement rigoler ici, ils font tous des têtes d’enterrement, j’entends une femme se plaindre mais je ne m’appitoie pas. Et alors, moi aussi je vais mourir, je ne veux pas l’entendre.

Je laisse ouverte la porte de ma chambre pour voir les allées et venues dans le couloir.
Si j’enlève mon petit bonnet rose de ma tête, ça me fait froid. Il faut toujours que j’ai un truc sur ma tête.

On voit des espèces de momies qui passent en gémissant sur des chariots, les yeux grand ouverts et dilatés par la souffrance ou la morphine ou les deux je sais pas, suivis par quelques proches bouleversés. C’est distrayant.
Je me sens le cœur très dur, comme changé en pierre. Je me plonge dans la lecture de mon bouquin.

Chaque jour, se réveiller le matin.

Il n’y a plus aucun bruit dans le couloir, je m’engourdis, tout est terriblement calme.
Des chuchotements, les roues d’un chariot, des semelles en caoutchouc.

On entend maintenant quelqu’un qui crie, qui hurle à plein poumon, une voix de femme, des sanglots. La voix crie de toute ses forces mais elle est faible, aigu, dérisoire. Puis elle disparaît du paysage sonore.

VS Naipaul

Posté le 22.12.2007 par marchesurunfil
La lecture du romancier VS Naipaul a profondément modifié ma vision du monde. Disons qu'elle s'est considérablement élargie, considérablement compliquée. Pour shématiser, avant je voyais le monde occidental, avec les grandes guerres du siècle, le Nazisme, la resistance, l'après guerre, mai 68 et la libération de la femme, et puis le tiers monde avec de pauvres gens qui n'ont rien d'autre à manger que des arrêtes de poisson, bien sur que je ne voyais pas les choses comme ça mais au fond si, je voyais les choses exactement comme ça. Et puis tout d'un coup y'a un type qui me parle de l'Inde, des Caraibles, de l'Afrique, mais comment dire, pour de vrai, de l'intérieur, et je m'aperçois que c'est compliqué, tout ces mouvements de population, avec des arrières plan culturel et religieux, la question de l'esclavage, les influences politiques la décolonisation, la sexualité et la prostitution, tout ça mélangé, et on sait pas ou il est le bien ou il est le mal, et lui il se cherche une identité, il essaye de construire son histoire, son point de vue, et c'est peut être ça son identité, l'identité de quelqu'un qui cherche son identité, qui ne veut pas s'enquilller dans des discours tout fait sur le marxisme, sur la négritude ou autre, non il se cherche lui, au milieu des autres, au milieu du monde, au milieu de l'histoire.
Je trouve ça effrayant, tout ces peuples qui errent sur la planette, tout ces esprits affamés de survie, ou de pouvoirs, les chefferies en Afriques, les castes en indes, la Chine il n'en parle pas, et le monde Arabe non plus. Il n'y a jamais foutu les pieds.
Bien sur j'ai déjà entendu parlé de tout ça. Les Caraibes, l'Inde, l'Afrique. Mais jamais comme ça. Avant c'était comme regarder des livres d'images, alors que là c'est pour de vrai. Là j'y crois. C'est terrible, c'est loin, c'est inconnu, c'est étranger, et pourtant, c'est familier. Terriblement familier. Epouvantablement familier. Et ces mouvements de population, ces mutations énormes que je voyais de loin sont en train de nous atteindre de plein fouet, nous, petits français issus des classes moyenes. On essait de se claquemurer dans notre vieille Europe. On a la trouille en fait, car plus rien n'est clair, plus rien n'est lisible, plus rien n'est à sa place, tout à bougé. Comme dans la matière, quand des électrons se détachent, viennent frapper d'autres atomes, on peut pas savoir ce que ça peut donner.

VS Naipaul est un grand écrivain.C'est ça un grand écrivain.

le gateau au yaourt

Posté le 22.12.2007 par marchesurunfil
Elle est rentrée crevée de son boulot. Il fallait qu'elle passe au supermarché qui était bondé. Elle ne pouvait plus le voir en peinture ce supermarché, ce n'était plus un supermarché, c'était une hallucination. Elle connaissait les rayons par coeur, et faisait toujours à peu près les mêmes achats, oubliait presque à chaque fois de peser les légumes, s'exaspérait dans le queue ou elle rencontrait presque à chaque fois les mêmes gens. En plus son portable avait sonné trois ou quatre fois, mais elle n'avait pas eu la sottise de répondre, heureusement. Pas la peine d'avoir en ligne son chef de service à six heure du soir, ni son ex belle mère. Elle avait remonté les escaliers avec ses courses. Les enfants étaient à la maison. Le plus grand faisait ses devoirs et le plus petit regardait c'est pas sorcier à la télé. Parfais, elle avait juste le temps de ranger, et elle pourait aider le plus petit à faire ses devoirs. Il avait besoin d'aide car il était atteint d'une surdité sévère. Il portait des appareils qui l'aidaient énormément, mais quand même, dans le brouhahas de la classe, il n'entendait pas tout. Il fallait donc retravailler un peu tout les soirs, pour être sur que des points important du programmes n'étaient pas passé à la trappe. En plus il fallait le gâter un peu, le caliner, avant de le mettre au travail, forcément, lui, il n'avait pas envie de bosser plus que les autres.
L'émission de télévision était terminée. Gentillement, elle lui fait conjuguer le verbe être et le verbe avoir au présent, puis lui fait réciter la table de six et la table de sept. C'est là qu'il lui déclare : » la maitresse elle a dit qu'il fallait faire un gâteau pour demain ». « Comment ça la maitresse elle a dit qu'il fallait faire un gâteau pour demain ? » « Oui parce que ça va être le dernier jour de classe avant Noël, alors on va se faire un petit Noël dans la classe ».
Le sol se dérobe sous ses pieds. Un gateau. Un gateau. Et puis quoi encore ? Mais elle n'a rien pour faire un gateau, elle ne fait pas de gateau, elle deteste faire des gateaux, elle ne sait pas , elle ne veut pas faire de gateau. Dejà qu'il faut faire à dinner. Maudite Maitresse. On voit bien qu'elle, elle sort à seize heure trente de son boulot.
Elle se calme, regarde dans le placard. Si, de la farine, il y en a . Il faut dire que le coup du gateau, c'est pas la première fois qu'on lui fait. Elle a tout en fait : la farine, le sucre, la levure, et une recette à la con, le gateau au yaourt. Dans son livre, cent cinquante recettes pour cuisinières nulles et archi nulle elle a ça, cette merveille.
Du calme, du calme, l'heure n'est pas encore venue de se jeter par la fenêtre, c'est une recette pour les enfants, allez, un pot de yaourt, deux pots de sucre, un pot d'huile d'arachide, trois pots de farine, un sachet de levure chimique, on tourne et on met au four, sauf qu'il faut rajouter quelquechose sinon c'est vraiment pas bon, allez, on va rajouter un pot de compôte de pêche. Voilà, on enfourne dans le four, elle a même le moule exprès pour le gateau au yaourt, oui, elle a eu le temps de se roder au coup du gateau au yaourt. Maintenant, c'est pas la peine de lui demander autre chose qu'un gateau au yaourt. Temps de préparation un quart d'heure. Le gosse est ravi. Pas sûr que ses copains ils en raffolent du gateau en question, mais tant pis, on s'en fou, le tour est joué, l'affaire est dans le sac.
N'empêche que l'institutrice, elle la retient. Pouvait pas le dire plus tôt non ? Qu'est ce qu'elle s'imagine ? Que les mamans le soir, quand elles rentrent du boulot, elles ont que ça a faire, de faire des gateaux ? Maintenant, pour être une simple femme, une femme normale, célibataire avec deux enfants comme toutes les femmes il faut être un véritable ninja pour s'en sortir.

Première page | <<< | 1 2 3 4 5 | >>> | Dernière page


Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus