Posté le 20.01.2008 par marchesurunfil
voilà la triste publicité de centerblog
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Posté le 19.01.2008 par marchesurunfil
C'était le raid, la chevauchée fantastique. Chacun avait un rôle à jouer, une charge à porter. Moi qui devait avoir 7 ans, j'avais un espèce de sac blanc à porter, assez gros, avec des poignées qui me cisaillaient les mains. Et il fallait que je cavale pour ne pas les perdre. Papa avec deux grosses valises, Maman qui portait Manu qui pesait 3 tonnes , Catherine avec la petite Suzie et une valise ( La petite Suzie trottait de toutes ses forces, concentrée, avec de la bave qui brillait sur son menton ), et Jo qui maugréait tant qu'il pouvait avec une valise qui trainait par terre et un gros baluchon dans l'autre main. Il fallait trouver le bon train, le bon quai, dans la cohue. C'était effarant, ça ressemblait à un exode, alors que ce n'était que les vacances de Noël après tout. Quelle aventure !
Quand on avait enfin trouver notre wagon couchette, le plus dur était passé.
Il a neigé cette année là, neigé, le hangard du chasse neige s'est effondré. On ne pouvait plus passer par la porte de la maison, on était sortis par les fenêtres du premier étage. C'était bien amusant, pour nous, les enfants. A la station, les gens creusaient pour trouver leur voiture, les couples se disputaient, certains, exténués, s'appercevaient qu'ils venaient de deterrer la mauvaise voiture, qu'ils n'avaient plus qu'à recommencer. Quantitée de voyageurs étaient restés bloqués dans la garre de bourg saint Maurice.
Au bout de quinze jours, il fallut s'en aller, c'était la triste règle du jeu. Le problème, c'est qu'il neigeait toujours. On n'y voyait rien, le brouillard s'était mis de la partie. Le gros car est arrivé, nous avions collés tous nos bagages dans la soute, il n'y avait pratiquement que nous dans ce car, et dehors, et bien c'était tout blanc. Le chauffeur a démarré, mais ce n'était pas possible. Nous pouvions tout aussi bien nous coller dans le fossé. Alors papa a pris les choses en main. C'était un type comme ça mon père, le genre à prendre des décisions, à s'imposer dans les situations difficiles.
Il est descendu du car, et il marchait doucement a quelques mètres devant, parfois en faisant des gestes pour qu'on s'arrête, le temps d'être certain qu'on était bien sur la route. Nous étions tous collés contre maman, les yeux rivés sur notre père à tous. Maman était très inquiette, elle disait que le car pouvait glisser sur une plaque de verglas et écraser papa, qu'il était très courageux.
Je revois ça comme si c'était hier. Mon papa, tout emitouflé avec son anorack bleu, son pantalon de velour à grosse côte, ( il portait des collants en laine dessous, pour que ce soit plus chaud ), ses chaussettes de ski tricottées par mémé, des grosses chaussures de cuirs, et sur la tête, sa cagoule à ponpon. Il se dessinait sur une immensité blanche et cotoneuse dans un grand silence neigeux, un peu comme une espèce de grand schtroumf bleu.
J'étais éperdue d'admiration.
Posté le 19.01.2008 par marchesurunfil
Voilà quels étaient mes projets du point de vue professionnel. J'allais garder mon travail d'attachée de production, mais je le ferai à mi temps, même un peu moins d'un mi temps. Puis je ferai un spectacle toute seule, un de ces spectacles qu'on peu jouer n'importe où. Puis j'allais tenir un blog littéraire, ce qui ferait ma publicité, et enfin j'écrirai des textes de théâtre et j'essaierai de me brancher avec une jeune compagnie à la recherche d'un coach. Normalement ça devrait marcher. C'est du boulot mais ça devrait marcher. Il faudrait un certain temps, et pas mal d'énergie. D'ailleurs, je ne vois pas très bien ce que j'aurai pu faire d'autre. Chaque activité aménerait de l'eau au moulin des autres, et si un moment y'avait un truc qui bloquait un peu, je serais pas coincée.
J'y croyait. En général, quand je fais quelquechose que j'ai bien calculé, que je suis sûre de mon coup, et bien ça marche. Surtout, il ne faut pas écouter ce que vous disent les gens, ils ne savent pas ce qu'ils disent et ils n'y ont même pas réfléchi. Les gens, ils parlent pour parler, pour se faire plaisir, pour avoir l'air de tout savoir.
Bon, mais en même temps, j'étais un peu désapointée. En fait, ça faisait vingts ans que je me fourais le doigt dans l'oeuil jusqu'à l'omoplate en espérant rencontrer des gens géniaux avec lesquels les choses se feraient toutes seules, dans une sorte d'enchantement. C'est vrai que ça aurait été plus cool. Mais en réalité, c'était seulement de la paresse. Le seul truc à faire, c'était d'être malin et de retrousser ses manches. Bosser quoi, bosser. Bon, avant je n'aurai pas su quoi écrire, je n'aurais pas eut d'idées pour m'en sortir matériellement, et finalement, ben j'ai bossé, j'ai bossé en production, j'ai observé les autres, j'ai écris toutes sortes de merdes, j'ai lu plein de bouquin, je me suis plongée dans la philo, j'ai suivi des cours à la fac. Mais quand même, c'est un peu chiant tout ça. Moi ce que j'aurai aimé, c'est comme dans les films d'holywood, être une star, que tout le monde m'admire, sans que j'ai grand chose à faire.
Posté le 19.01.2008 par marchesurunfil
e suis cachée sous le lit et j'en rage. Non mais je vais vous raconter ce qu'il y a, vous allez me dire, vous, ce que vous en pensez. Bon, ben voilà, y'a ma soeur, madame ma grande soeur, la chouchoute de mes parents, qui révise son bac, et quand madame ma grande soeur révise son bac, moi, je dois décaniller de la chambre, je veux dire de ma chambre quand même, car c'est aussi ma chambre, ne l'oublions pas, sous prétexte que je fais du bruit et que je la déconcentre. Comme si j'étais une gamine agitée, et que je n'étais pas capable, moi aussi, de rester à mon bureau à lire et à copier des trucs sur des bout de papiers.
Alors je me suis planquée sous le lit et je ne bouge pas car ça me révolte. Qu'on m'oblige à sortir de ma propre chambre. Je ne moufterai pas de l'après midi entière, mais je resterai là, convulsée de colère. Je ne lacherai pas une parcelle de terrain. Je me ferai plutôt massacrer sur place.
Zut, qu'est ce qui ce passe, voilà l'autre, la grande soeur qui se lève et regarde sous le lit. Elle rigole, l'air gentil ( elle a toujours l'air gentil, mais il ne faut pas s'y fier ) Elle dit : je t'ai entendue respirer.
Oh voilà, elle m'a entendue respirer, et ça la déconcentre ! Elle appelle maman ! Nia nia nia nia nia nia nia nia, maman veut que je dégage de la chambre, mais qu'est ce qu'elle croit, que je vais obeir comme ça comme un gentil petit mouton prêt à se faire tondre ?
Et bien elles s'y mettent à deux, maman tire sur mes jambe, ma soeur me chatouille sous les bras pour m'obliger à lacher les pieds du lit auquel que m'accroche fermement. Ah les carnes !
Me voilà dans la chambre des garçons, enfin, il y a tout le monde dans la chambre des garçons, les garçon, ma petite soeur et moi, je remâche salement mon amertume.
C'est salement dégouttant quand même, ma mère et ma grande soeur, elles sont toujours d'accord entre elles. Il faut les voir le soir, quand maman vient nous dire bonsoir, elles parlent toutes les deux comme des pies dans le noir, et on entend même pas ce qu'elles disent, pourtant je tends l'oreille, raide de jalousie, et bien on entend chuuiuuuiu tut tut chuuuuiuiuuuuuuuuui chuuui tut tut chuuuuui tut tut, à croire qu'elles le font exprès pour m'embêter, où alors que ce qu'elles disent est particulièrement idiot. C'est bien possible car il y a certainement plus de sentiments et de pensées vraiment humaines dans ma petite tête à moi que dans leurs deux têtes réunies, il faut les entendre quand elles chantent , ensembles, des chants sortis de je ne sais ou, avec leurx voix de vierges prépubères, on dirait deux brebis en train de bêler lamentablement, sainte nitouche § sainte nitouche and Co, ça me fait rigoler en douce.
En attendant, elles se mettent d'accord, et elles décident de tout. De tout, par exemple de ce qu'on va manger ce soir, elles discutent, elles se mettent d'accord, et après elles me disent, d'un petit ton sec, denise, tu vas peler les pommes de terre. Ma cache ouallou, elles ont qu'a les peler elles même, leur pommes de terre, moi, je disparais dans les toilettes, moi je fais si je décide, si je decide je fais,mais je vais pas leur obéir, j'en veux pas de leur petit univers parfait tout repeint en rose.
Et ma grande soeur, elle a sauté une classe, d'accord ? Et bien quand la maîtresse a convoqué ma mère pour lui proposer que je saute une classe, ma mère, elle a dit non. Non.
Et vous savez pourquoi ? Elle a dit que j'étais trop imature, et bien elle ferait mieux de se regarder dans une glace. Sans rire, vous la verriez, ma mère, vous lui donneriez six ans et demie à ma mère tant elle a l'air innocente, c'est incroyable ce qu'elle peut avoir l'air innocente. Elle a de grands yeux innocents, une bouche innocente, tout innocent, et en plus elle est très jolie, mais ce qui ce dégage d'elle, le plus fort, c'est l'innocence. Quand à ma soeur, elle a plein de boutons, des nattes, et de grandes jupes plissées pas du tout à la mode. Et moi, je suis immature. Sans rire, je le crois pas. Il y a plus de méchanceté, d'envie, de ruse et de maturité dans mon petit doigt que dans ces deux godiches réunies. Je les deteste. Et si moi, je voulais sauter une classe, hein? Alors ma soeur, elle saute une classe et pas moi ? Ma soeur elle décide de ce qu'on va manger à midi et moi je pèle les pommes de terre ?
C'est dégueulasse.
Posté le 13.01.2008 par marchesurunfil
Le grand chirurgien de la Conception était aux anges. Il se frottait les mains. Il venait de me déclarer que mon cancer avait rédidivé au niveau du sein, qu'il allait donc pratiquer une mastectomie, et que dans la foulée, il se proposait de me faire une ovarectomie, pour être sûr de bien arrêter des hormones, bien que dans mon cas, le cancer ne soit pas hormonal, mais quand même, c'était une sécurité. Ce qui le mettait en joie, c'était l'idée de pratiquer deux opérations dans la foulée. De faire d'une pierre deux coups si vous voulez. On sentait cette idée le ravissait. Jamais je ne l'avais vu d'aussi bonne humeur. C'était comment dire « Esthétique » chez lui. Peut être aussi qu'il allait se faire le double d'honnoraire d'un seul coup, je n'ai pas oser lui demander. Le fait que pour moi, la nouvelle ne soit pas si fabuleuse que ça ne semblait pas l'affecter le moins du monde.
C'était un homme qui parlait d'une voix douce, mais ça ne me plaisait pas. J'avais l'impression qu'il parlait comme un serpent. Doucement, pour cacher l'enorme puissance qui se cachait derrière. Comme un moteur qui tourne au ralentit vous voyez ?
C'était un grand chirurgien. Il aimait faire des prouesses, et des économies. Il était capable au débotté, de vous faire une ponction sans anesthésie. Un autre vous aurait fait un mal de chien, mais lui non. Il vous plantait une grande et grosse aiguille, très profond, et ma foi, ça faisait pas de bien, mais c'était suportable. Lui, ça lui plaisait. Il était content, il était fier. C'était un virtuose. Un as.
La plupart de ses clientes l'adoraient. Je dois avouer que ce n'était pas mon cas. Je ne l'adorais pas, et ça l'ennervait un peu. Il y avait une sorte de défi entre nous, qui ne me plaisait nullement. Comme si on jouait a qui serait le plus fort, et que évidemment, ça ne pouvait être que lui. Un jeu comme ça n'est pas drôle à la fin.
Et puis il y avait le gros imbécile de chef de service. Le Roumain. Il se sentait obligé de vous sortir des grosses vannes bien lourdes pour vous remonter le moral. Dans un sens, c'était bonne volonté de sa part. C'était pour dédramatiser la situation, et pour faire comprendre aux femmes que c'est pas parce qu'on les a opérées d'un sein que la vie s'arrête. Non, la vie ne s'arrête pas, il y a toujours de gros imbéciles qui sortent des vannes ignobles avec un rire gras, c'est thérapeutique.
Et puis il y avait la medeçin chef de service, qui était très gentille. Mais finalement, c'est avec elle que je me suis disputée. Pour une histoire de rendez vous urgent reporté sans ménagement aux calendes grecques.
J'ai changé d'hopital, je suis allée à Paoli Calmette. C'etait beaucoup mieux organisé. Oui, c'etait mieux. Mais ce n'etait pas parfait. Le spécialiste qui me suivait etait complètement dans la lune. Il oubliait des trucs. Par contre, on ne pouvait rien lui dire, si on avait le malheur de faire une remarque, on se faisait jeter. J'avait parfois l'impression que mon cas ne le passionnait pas. Qu'il s'ennuyait. Qu'il se languissait de finir sa journée.
Posté le 13.01.2008 par marchesurunfil
Ils se chamaillaient comme des gosses. Pour tout. Avec une violente et infantile passion. Ils avaient beau être séparés, il fallait quand même qu'ils continuent à se chamailler. Le moindre pretexte était mis à profit. Les vacances des gosses, ils s'en faisaient une tragédie. Une quelconque décision à prendre et les voilà repartis dans leur numéro de guignol contre guignol. Rien ne pouvait les arrêter. Exactement comme deux gosses hurlants qui se disputent leurs jouets. Hors d'eux. Sans retenue, ils se laissaient prendre par leur étrange et ridicule pantomime.
Ca me faisait penser aux expériences de Pavlof. Deux rats dans une cage, vous leur faite subir des décharges électriques, ils se jettent l'un sur l'autre, mais ils restent en bonne santé. Mettez un seul rat dans la cage avec les décharges electriques, le pauvre rat, il déprime, il dépérit.
Ca leur servait peut être à ça. Ces prises de bec. Ca leur permettait peut être de croire que la douleur qu'ils éprouvaient était une douleur contre laquelle ils pouvaient se battre. Qu'ils avaient un ennemi, qu'il suffisait de le réduire à l'impuissance, et que tout serait réglé.
Comme ça, la vraie douleur, celle qui était trop grande pour eux, ils ne la voyaient pas. Qu'elle était elle cette douleur ?
La perte, la perte absolue du bonheur ? De l'image qu'ils pouvaient se faire d'eux même ? La perte d'un monde ? La perte de toute histoire rassurante auquel ils auraient pu se raccrocher ? Se retrouver, nu, hurlant, et stupide, dans une vie dont le sens s'était enfuit, s'était déchiré, était tombé en lambeaux ?
Alors ils se chamaillaient et se chamaillaient sans trève, comme si, au fond, il n'y avait que ça qui puisse les rassurer.
Posté le 06.01.2008 par marchesurunfil
Les enfants vont arriver tout à l'heure, vers quatre heures, et moi j'ai le trac. Je me sens intimidée. Je voudrais être autrement. Pas malade quoi. Pleine de confiance, de joie. Et je suis ratatinée. Comme d'habitude. Surtout, c'est le petit que me fait peur. Parce que le grand, il comprend mieux ce qui m'arrive. Le petit, il commence à comprendre heureusement. Je suis heureuse de les voir, mais j'ai un peu peur. Franchement je suis idiote. Il vont me raconter ce qu'ils ont fait et moi je leur raconterai aussi ce que j'ai fais, et ils comprendront très bien. Alors je serai rassurée. J'ai peur que tout d'un coup, ils trouvent que je suis nulle comme maman, que je vaux pas un clou, comme un vieux jouet, qui est bon à mettre à la poubelle. C'est stupide. Ils valent quand même mieux que ça, qu'elle idée je vais me fourrer dans la tête. Je me met à pleurer comme une madeleine. Bon, quand je me fiche dans un état pareil, c'est pas normal. En fait, je tourne en rond, j'ai hâte qu'ils soient là, dès qu'ils seront là, ce sera différent. Là je n'arrive pas à me concentrer sur quelquechose, je me demande déjà qu'est ce qu'on va manger pour le dinner, je peux pas aller faire des courses car les magasins sont fermés, et ça me contrarie. J'aimerai tout préparer à l'avance, et n'avoir plus rien à réfléchir. Là je m'estrancine, je sais pas par quel bout le prendre. J'ai pas du tout envie de travailler évidemment. Ce qui est ennervant, c'est que du balcon, on voit pas si le magasin qui m'interesse est ouvert ou pas.
Bon, je vais lire un peu, au moins un peu, trois quart d'heure, boire une tisane, et après, j'aurai vite plein de choses à faire car ils seront presque arrivés, presque là.
J'aurai du enlever mon pantalon. Mon jean, parce qu'il me serrait le ventre. Ca m'a donné mal à l'estomac. Très mal. Heureusement que j'avais un bon DVD, pour les enfants. Je me suis mise à côté d'eux sur le canapé mais qu'est ce que j'avais mal au ventre ! Je me suis bien gachée la soirée. Je ne le remettrai pas demain, ce jean !
Posté le 06.01.2008 par marchesurunfil
C'était une jeune femme pleine de vie qui s'était mise à la colle avec un pervers dépressif. En plus il était alcoolique. C'était un type très séduisant qui aimait faire le beau parleur, étaler ses idées morales et politiques de gauche. Il parlait d'un ton très docte, un ton de professeur, qui donnait l'impression aux autres qu'il en connaissait un rayon, même s'il ne disait qu'un tissus de banalités. Elle avait été séduite par sa prestance, et même si elle avait conscience au fond qu'il avait quelquechose qui n'allait pas rond, elle pensait pouvoir le changer, à force de patience, de sollicitude. Pendant les deux premières années qu'elle passa avec lui, elle ne remarqua rien, ou des petites choses mais qui semblaient anodines et sans relations les une avec les autres. Elle devait passer un examen et lui faisait tout pour l'empêcher de travailler. Elle dut s'enfuir pour réviser chez ses parents. Il se gaussait de ses gouts en matière de vêtements, et lui, si jamais il lui offrait quelquechose, c'était quelquechose de particulièrement affreux qu'il déclarait etre le sommet du bon goût.
Alors qu'elle avait réussit ses examens, il disait à tout le monde qu'elle les avait ratés. Il lui reprochait d'être gaie, alors que lui était triste, pour des raisons existentielles. Elle n'y faisait pas trop attention. Elle le laissait dire, cependant, par exemple, elle faisait moins attention à la façon dont elle s'habillait puisque de toute les façons, quoi qu'elle mette, il se foutait d'elle.
Il était toujours déprimé. Il fallait toujours lui remonter le moral. Elle y mettait toute son énergie. Il était charmant à certains moments. Très soucieux de son indépendance et de sa liberté, mais charmant. Pour rire, il l'appelait grosse nouille, femme stupide, lui disait qu'elle avait un gros cul, qu'elle avait de la chance d'être avec un mec comme lui parce qu'elle, elle n'était franchement pas bien roulée. Elle eut le malheur de le pousser à reprendre ses études. Dès qu'il obtint l'examen souhaité, il n'admit plus qu'elle le contredise. Il était de plus en plus insultant avec elle. Elle attendait un bébé. Il redevint charmant et la poussa a arrêter son travail, elle ne devait pas se faire de soucis, il subviendrait seul aux besoins de la famille. Franchement, il n'avait jamais été aussi attentif et délicieux. Elle se laissa faire, elle pensait pouvoir profiter de ses moments de libres pour se mettre à peindre. Il lui installa un coin dans la maison pour que ça lui serve d'atelier.
Quelques mois après la naissance du bébé, il eût une aventure avec une autre femme. Plus elle lui demandait des explications, plus il l'insultait, il se foutait d'elle : tu as qu'a te barrer si tu veux, tu sais que si tu n'as pas de revenus, on ne te confiera pas la garde de l'enfant ? Puis le lendemain il lui demandait pardon, lui disait qu'il l'aimait, lui jurait qu'il allait l'aider à devenir peintre. Il lui faisait l'amour comme un dieu. Un mois après il se facha pour un mobile ridicule, sortit et ne revint que le lendemain matin, ivre mort, lui disant qu'il était allé voir les putes, que toutes les femmes étaient des putes, qu'elle aussi était une pute.
Elle essaya d'en parler un peu a ses copines, pour essayer d'y voir plus clair, mais elle avait du mal a tout raconter. Elle avait honte, et en plus, même pour les petites choses, personne ne la croyait.
Comme elle ne travaillait pas, elle n'avait pas d'argent, même pas pour se payer la crèche. Elle avait de plus en plus honte d'elle même. Même si elle avait trouvé un travail, comment aurait elle pu s'organiser si vite ? Et puis elle aurait gagné quoi, juste de quoi payer la gardienne. Le petit lui prennait la tête. elle avait quoi ? le temps de peindre deux heures par jour, mais qu'est ce que ça veut dire, peindre deux heures par jour si on ne lit pas, si on ne va pas voir d'expos, si on ne voit pas les gens qu'il faut ? Elle espérait que ça allait se tasser que l'enfant serait plus sage, qu'elle aurait plus de temps. Mais elle n'avait jamais plus de temps. Son compagnon la laissait se débrouiller. Il partait du principe que comme il travaillait, il n'allait tout de même pas l'aider par dessus le marché. Il rentrait de plus en plus tard de son travail, sans donner d'explications. Il s'arrangeait quand même pour lui faire sentir qu'il avait d'autres femmes dans sa vie. Le dimanche, il lui faisait des scènes, comme quoi il s'emmerdait avec elle, il lui reprochait d'aller un peu trop souvent voir ses parents pendant les vacances. Un dimanche il se mit dans une colère noire et lacera ses toiles en criant c'est de la merde, tu fais que de la merde, tu es une grosse merde et tu me pompe tout mon pognon pour faire de la merde.
Posté le 06.01.2008 par marchesurunfil
Nathalie était jolie, blonde, bien faite, mais pas très intelligente en vérité. D'un milieu populaire, elle avait révé de devenir comédienne. Ma foi, c'était l'époque du spectacle vivant et de la décentralisation théâtrale. Elle avait fréquenté les acteurs du théâtre du soleil. C'est là qu'elle avait rencontré l'homme de sa vie, un comédien qui n'était pas une star, mais s'en tirait honnêtement.
Il jouait beaucoup, et avait même des petits rôles au cinéma et à la télévision. Il fréquentait des gens friqués, des gens arrivés, et pensait devoir vivre sur un grand pied, louer une grande maison, recevoir du monde. Elle, elle dépensait énormement, en toillette en coiffeur, en psychanaliste à la mode, et puis les vacances, il fallait toujours montrer qu'on avait passé des vacances formidables au bout du monde.
Son joli visage s'assombrissait, elle faisait la moue. Il lui demandait ce qu'elle avait. Elle disait qu'elle n'en pouvait plus de ce milieu superficiel, qu'elle avait besoin de se ressourcer, et aussi qu'ils devaient faire ce qu'il faut pour sauver leur couple de la banalité du quotidien. Et pour cela ce qu'il faudrait c'est aller passer une semaine à Noël a Bali, avec les Duchtroumf, les Duchtoumf étaient des gens géniaux, très simples, très sympas, ce serait formidable, elle avait vu de la publicité à l'agence de voyage, des séjours. C'était un peu cher, mais ça en valait la peine.
Au début il ne voulait pas. Elle insistait, devenait désagréable, irrascible, et l'accusait de tout. Elle finissait par dire qu'elle allait divorcer. Et ça, ça le paniquait. Allez savoir pourquoi, ben il devait tenir à elle sans doute, il n'était pas très avantagé par la nature. Il cedait. Seulement, comme en réalité il n'avait pas autant d'argent que ça, il s'endettait auprès d'un organismes de crédits à la consommation. Il ne lui disait pas. Il pensait qu'un homme doit rendre sa femme heureuse, et lui épargner les soucis financiers. Seulement il n'était ni toubib, ni avocat, ni notaire, c'était un comédien de théâtre, qui n'était pas très afuté questions finances. Dans leur vie, ils eurent des hauts et des bas. Parfois, il eut de grosses rentrées d'argent qui lui permirent de se remettre à flot. Il travaillait autant qu'il pouvait, il était souvent absent. Elle le trompait, elle avait un amant très riche qui lui payait des babioles, mais pas autaut qu'elle aurait voulu.
Petit à petit, ils vieillirent. Son amant se lassa d'elle. Elle en prit un autre, mais c'était encore un radin. Ca la faisait rager. Lui travaillait moins, beaucoup moins. Il s'était mis à boire un peu trop. Il n'avait plus le charme de ses trente ans, il n'avait plus la côte. Le montant des mensualité des crédits à la consomation se firent sentir. Il vient un moment ou il ne pu plus faire face, et leur maison fut vendue, ils n'avaient plus rien.
Elle ne décolérait pas. Le peu d'argent qu'elle avait réussi à mettre au coffre, les quelques bijous qu'elle possédait ne la sauveraient pas de la déchéance. Elle avait pas choisi le bon type. Quel ringard ! Elle se regardait dans la glace. Elle était encore pas mal. Peut être pourrait elle se trouver quelqu'un d'autre, un mec solvable de préférence. Pas un intermittent du spectacle !
Posté le 01.01.2008 par marchesurunfil
Ecrire des bribes, des morceaux, ça, oui, elle pouvait. Mais écrire une longue histoire structurée, ça, elle ne le pouvait pas. Elle avait bien une idée de comment elle aurait pu s'y prendre, oui, c'était pas une question théorique, une question de méthode de travail ou autre. C'était autre chose. Quelquesoit l'histoire qu'elle ait entreprit de raconter, très vite, ça l'ennuyait. Au bout d'une semaine, elle n'avait plus du tout envie de raconter ça, ca ne trouvait plus ancun echo en elle. C'était devenu insuportable, absurde de raconter cette histoire idiote.
Elle se demandait pourquoi. Si ça avait un rapport avec le fait qu'elle n'ait plus envie de vivre avec un homme par exemple.
Oui, ça avait un rapport.
Dans le roman qu'elle était en train de lire, un homosexuel vivait en colocation avec une jeune femme qui attendait un enfant. Finalement, bien qu'ils aient chacun des relations avec des partenaires chacun de leur côté, ils décidaient de garder l'enfant et de l'elever ensemble. Dans ce livres, les relations entre le récit et les désirs de l'auteur paraissent transparents.
Elle, elle n'avait pas de tels désirs.
Longtemps, elle avait cherché à connaître Dieu. Elle avait connu Dieu mais n'avait pas grand chose d'interessant à en dire. Ca lui avait pris du temps. Elle cherchait Dieu, et la connaissance. Toute seule avec des bouquins, à la bibliothèque. Il fallait être un peu con quand même. Elle en savait, des choses !
Elle ne croyait pas aux histoires. Elle aimait en lire, mais ele n'y croyait pas. Elle ne se représentait pas la vie comme une histoire. Plutot comme un continuum, entrecoupés de flach, comme si soudain quelquechose faisait sens, et puis pof, tout retombait dans le non sens.
Elle croyait à la grace. Mais comment dire, sans trop en demander. La grace soudain entraperçue, puis disparaissant.
Pourtant, elle s'imaginait qu'il y avait un sens quelquepart à démeler, même si c'était impossible, même si on n'y comprennait rien, même si c'était à s'arracher les cheveux. Elle esperait qu'à force d'êcrire des bribes, il y aurait peut être finalement, un sens ou un non sens, quelquechose qui émergerait, quelquechose qui pourrait se dégager de tout ça.
Mais ce serait pas une histoire.